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Pour ne pas laisser s’installer le développement d’un état policier
Posté le 28 mai 2009 Pas de commentaireVenez exprimer pacifiquement votre mécontentement
Le samedi 4 juillet
Paris 14h place de la Bastille
Montpellier 14h Place de la Comédie
Merci de faire passer le mot, il nous semble important de nous bouger un minimum vu la situation. A vous d’en juger
Une prof d’université brésilienne expulsée de France dès son arrivée à Paris alors que l’univers universitaire se débat avec des problèmes, circule dans les universités et les laboratoires le récit d’une chercheuse brésilienne qui a été expulsée dès son arrivée à l’aéroport Charles de Gaule, à Paris.
Solange França est professeur-chercheur à l’Université Santa Cruz de Bahia et venait en France, en vacances, pour y fêter ses 40 ans, pour prendre des contacts en vue d’un post doctorat et tout simplement pour réaliser son rêve de connaître la France. Elle devrait être hébergée par un couple d’amis français mais elle a été retenue par les services de la Police française à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle et a passé la journée en rétention parce qu’elle n’avait pas une attestation d’accueil officielle mais seulement une attestation d’hébergement rédigée par le couple d’amis. Elle a été renvoyée le jour même vers le Brésil.
A la sortie de l’avion, «j’ai été conduite sans aucune explication dans une salle de la Police française (DPAF de Roissy). Une policière a alors demandé à vérifier mon passeport, mon billet d’avion de retour, l’argent disponible, l’attestation d’hébergement et mes assurances. Pour prouver mon hébergement j’ai présenté une attestation d’hébergement faite par Yves et Riviane Bellenand, le couple d’amis qui devaient m’héberger durant tout mon séjour à Paris» explique Solange França. «Je lui ai expliqué que je n’avais pas d’assurances spéciales mais j’ai présenté ma carte d’assurance privée brésilienne, un bulletin de salaire émis par le Gouvernement de l’Etat de Bahia datant de mars 2009, montrant que je suis en activité à l’Université de Santa Cruz à Bahia comme enseignante- chercheur».
Mais ces explications n’ont pas suffit à la Police. Et quand Solange França a demandé des éclaircissements sur l’expulsion, elle n’a eu que pour réponse un très clair :
«ferme ta gueule».
Et vers 21 heures, le jour même de son arrivée, «la Police française m’a rendu mon argent et j’étais conduite avec 16 autres brésiliens escortés par 10 Policiers français, à la porte
d’embarquement pour prendre le vol Tam JJ 8055 destination Rio de Janeiro».
75 Heures après avoir quitté l’aéroport d’Ilhéus, Solange França était de retour chez elle sans vraiment avoir apprécié la France.
«Je suis révolté, non seulement par les conditions de détention, mais aussi par la désinvolture et le manque d’humanité qui ressort de cette lamentable affaire et plus encore par la restriction de nos libertés individuelles qui découle des conditions
de l’établissement de cette attestation d’accueil’ officielle qui est demandée par l’Etat français aux étrangers venant de l’extérieur de l’espace Schengen» dit Yves Bellenand. «En effet renseignements pris, on demande l’avis d’imposition de la personne qui accueille, trois quittances d’électricité, une quittance de loyer, l’état de salubrité du logement et la photocopie de la pièce d’identité entre autres renseignements et 45 euros de timbres fiscaux. Et la Mairie ou la Préfecture peuvent ne pas autoriser l’accueil. La France a vraiment perdu son aura de `terre d’accueil’». «Une histoire absolument vraie, comme celle-là, montre dans le monde entier une image de la France comme un état policier, soumis à l’arbitraire. Elle est arrivée à une collègue brésilienne, elle peut
se répéter demain pour n’importe quel invité à un colloque, n’importe quel ami étranger que nous invitons à passer une semaine ou deux à la maison, plutôt que de se ruiner à l’hôtel!» dit Idelette Muzart, Responsable du Réseau Pôle Brésil à l’Université Paris Ouest Nanterre. «A propos, cette année 2009 est l’Année de la France au Brésil, avec force commémorations officielles, visite du Président Sarkozy le jour de la fête nationale brésilienne, le 7 septembre,comme le Président Lula avait visité la France le 14 juillet 2005, pour l’Année du Brésil en France, et aussi des colloques… parmi lesquels un colloque, que je co-organise, consacré aux `Réseaux intellectuels France-Brésil, 19ème- 20ème siècle’.Pour le 21ème siècle, combien faudra-t-il de `laissez-passer’ pour que les Réseaux fonctionnent? »
■ Manuel Martins
www.lusojornal.com
Edition n°213 du jeudi 21 mai 2009autres sources : humeurs de jean dornac, immigration.blogs.liberation


